Salmân al-Fârisî, originaire de Perse et issu d’une famille noble, se détourna des injustices et des superstitions de sa religion d’origine pour se lancer dans un long voyage à la recherche de la vérité. Ce périple le mena jusqu’à Médine, où il espérait rencontrer le dernier Prophète ﷺ. Remplissant les critères pour être à la fois Muhâjir et Ansâr, il fut finalement rattaché par le Prophète ﷺ à sa propre famille, en tant que membre des ahl al-bayt.
Qui était donc Salmân ? Et qu’avait-il de si particulier pour mériter un tel honneur ? Ce texte retrace les grandes étapes de sa vie, met en lumière sa relation unique avec Médine et souligne sa contribution à la ville.
De la Perse à Médine : la quête de la vérité
Salmân raconte que son père était le chef du village de Jayy, qui devint plus tard Ispahan, en Perse. Ce dernier l’aimait tellement qu’il l’enferma dans sa maison de peur qu’un mal ne l’atteigne. Né en 568 de l’ère chrétienne, Salmân ne connut dans son enfance que le zoroastrisme. Il se consacra avec assiduité à cette religion jusqu’à recevoir le titre honorifique de « gardien du feu », en raison de l’étendue de son savoir.
Un jour, alors qu’il passait devant une église chrétienne, il entendit des prières qui le touchèrent immédiatement si bien que Salmân s’écria : « Par Allah ! Ces pratiques sont meilleures que les nôtres. » Ce fut à partir de ce moment-là que son cheminement spirituel débuta. Il se renseigna immédiatement sur l’origine de cette religion et apprit qu’elle venait du Shâm. Malgré les chaînes que son père lui imposa en l’emprisonnant après son renoncement à leur croyance, il parvint à s’échapper et à rejoindre un convoi de marchands syriens.
Il renonça ainsi à sa vie d’opulence et de confort pour se lancer dans une quête de la vérité qui le conduisit en Syrie, puis à Mossoul en Irak et à ‘Ammûriyya en Palestine. Sous la tutelle de divers érudits chrétiens, tout au long de ce périple, Salmân approfondit ses connaissances au sujet de cette foi.
Son esprit éveillé le mena à chercher à s’instruire auprès de la personne la plus savante en matière de religion. Il rejoignit d’abord un évêque qui prétendait être vertueux, mais il découvrit rapidement que cet homme était, en réalité, corrompu et malhonnête. Bien que déçu, il ne se laissa pas décourager et poursuivit son apprentissage avec persévérance. À la mort de l’évêque, il dénonça publiquement ses pratiques malhonnêtes et choisit de rester auprès de son successeur, un homme pieux, sincèrement dévoué à Dieu.
À la mort de ce dernier, Salmân poursuivit son chemin, allant de prêtre en prêtre – chacun étant plus savant que le précédent. Chaque fois qu’un de ces hommes de foi était sur le point de mourir, Salmân lui demandait de l’orienter vers un autre ascète digne de confiance.
Cette succession d’enseignants le guida jusqu’à son cinquième maître, qui, peu avant de mourir, lui confia qu’il ne restait plus aucun disciple fidèle à leur dogme monothéiste. Cependant, il lui annonça la venue imminente du dernier Prophète en Arabie, et lui décrivit avec précision la ville où ce Prophète serait accueilli.
Pour la seconde fois, Salmân renonça à tout ce qu’il possédait pour poursuivre sa quête en payant des voyageurs arabes pour l’emmener dans la péninsule arabique. Ses pérégrinations le menèrent finalement à Yathrib. Cependant, en route, il fut trahi par ses compagnons de voyage, qui le vendirent comme esclave. Pour la seconde fois, il perdit sa liberté en raison de sa quête spirituelle. Malgré cela, il se réjouissait, car il se trouvait désormais dans la ville décrite par le prêtre.
Malgré les épreuves, il garda en ligne de mire son objectif de rencontrer le Prophète ﷺ. Dès l’entrée du Messager d’Allah ﷺ à Qubâ’, Salmân se précipita à sa rencontre. Fidèle aux enseignements de son dernier mentor chrétien, il s’attela à vérifier les signes qu’il lui avait décrits. En effet, le Prophète attendu acceptait les présents, refusait l’aumône et avait entre ses épaules le sceau de la prophétie. Après avoir vérifié ces trois critères, Salmân annonça immédiatement sa conversion à l’islam.
Son affranchissement
Salmân embrassa l’islam dès la première année de l’hégire. Toutefois, son engagement dans la communauté musulmane de Médine restait limité par son statut d’homme asservi, appartenant à un homme juif des Banû Qurayza.
Pour le libérer de cette condition, le Prophète ﷺ l’encouragea à conclure un contrat d’affranchissement avec son maître. Ce dernier exigea, en contrepartie, 40 onces d’or (ûqiyya) ainsi que la plantation de trois cents jeunes palmiers dattiers (wadiyya). Le Prophète ﷺ incita alors les compagnons à participer à la libération de leur frère en fournissant les plants et en creusant les trous nécessaires.
Il accompagna lui-même Salmân sur le lieu de plantation et prit soin de mettre en terre de ses propres mains les trois cents jeunes palmiers. Ensuite, il les arrosa avec l’eau d’un puits dont il avait tiré de quoi faire ses ablutions, puis accomplit une prière.
Durant la cinquième année de l’hégire, les trois cents pousses avaient pris. Le Prophète ﷺ remit alors à Salmân une masse d’or de la taille d’un œuf pour acquitter la somme exigée par son maître. Ainsi, Salmân fut enfin affranchi.
L’effort et l’implication directe du Prophète ﷺ dans le processus d’affranchissement de Salmân mettent en évidence la place et la valeur que ce dernier occupait. Cette démarche témoigne de la profonde compassion du Prophète ﷺ et de l’importance qu’il accorde à la justice, reflétant ainsi les principes fondateurs de l’islam : l’égalité entre tous les croyants et la fraternité inhérentes à la foi. De plus, la collaboration des compagnons dans ce projet souligne la solidarité et l’union de la communauté musulmane de Médine.
Salmân à Médine
Stratégie militaire
Ayant passé les premières années de l’hégire sous le joug de l’esclavage, Salmân ne put participer aux premières expéditions militaires. Toutefois, dès qu’il retrouva sa liberté, il prit une place remarquable aux côtés du Prophète ﷺ. Le premier affrontement militaire auquel il prit part fut celui des Coalisés (al-Ahzâb) en l’an 5 de l’hégire, peu de temps après son affranchissement.
Une coalition de près de 10 000 soldats lança alors une attaque surprise contre Médine, qui ne comptait qu’environ 3 000 musulmans, dont à peine 1 000 combattants. Informé de l’imminence de l’attaque, le Prophète ﷺ réunit d’urgence un conseil consultatif (shûrâ) afin de concevoir un plan de défense. Salmân se distingua parmi les grands compagnons et les ministres du Prophète ﷺ en proposant une stratégie ingénieuse : creuser un fossé (khandaq) afin d’empêcher l’ennemi de pénétrer dans la ville.
Cette suggestion, inspirée des techniques militaires perses, se révéla décisive : le fossé bloqua l’avancée des assaillants malgré leur supériorité numérique, protégeant ainsi la ville de Médine. L’initiative de Salmân révéla son talent de stratège militaire et marqua un tournant dans l’histoire de l’islam. L’échec des Coalisés brisa le moral des polythéistes, qui prirent conscience de la solidité des défenses de Médine. Cet épisode renforça considérablement la position des musulmans en Arabie. Après le retrait des envahisseurs, le Prophète ﷺ déclara avec assurance : « Désormais, c’est nous qui les attaquerons, et ils ne nous attaqueront plus. C’est nous qui irons à eux. »
Salmân devint ainsi un acteur majeur de la préservation de l’islam à un moment critique où celui-ci était menacé d’anéantissement. Par Sa sagesse, Allah fit venir Salmân de Perse pour en faire un instrument essentiel de la sauvegarde de Sa religion.
Les étincelles de l’espoir
En creusant le fossé, Salmân tomba sur un rocher particulièrement difficile à briser. Il demanda alors au Prophète ﷺ la permission d’en modifier le tracé. Mais au lieu d’accepter, le Prophète ﷺ saisit une pioche et frappa la roche à trois reprises. À chaque coup, une étincelle jaillit, et il proclama le takbîr. Salmân, attentif, observa ces étincelles puis questionna le Prophète ﷺ sur leur signification. Le Prophète ﷺ lui expliqua qu’avec chaque étincelle, il avait eu une vision des victoires prochaines : la première sur la Perse et l’Irak, la deuxième sur le Shâm, et la troisième sur l’Abyssinie.
Les musulmans étaient plongés dans l’incertitude et la peur face à une menace imminente que le Coran décrit comme suit : « C’est là que les croyants furent mis à rude épreuve et ébranlés par une terrible secousse. » (33 : 11) À ce moment critique, les annonces du Prophète ﷺ redonnèrent courage et espoir à toute la communauté. Et c’était Salmân qui fut à l’origine de cette proclamation réconfortante : c’était lui qui trouva la roche, sollicita l’aide du Prophète ﷺ et c’était lui aussi qui remarqua les étincelles. Doté d’un bagage spirituel riche, Salmân comprit probablement que ces étincelles étaient porteuses de signes prometteurs.
Après cet épisode marquant, les compagnons, impressionnés par la portée de cet événement, commencèrent à se disputer la filiation de Salmân : les Ansâr revendiquaient son appartenance à leur groupe, tandis que les Muhâjirûn en faisaient autant. Le Prophète ﷺ trancha en déclarant : « Salmân fait partie de ma famille (ahl al-bayt). »
Ainsi, Allah accorda à Salmân, un compagnon d’origine non arabe, l’honneur unique d’être affilié à la famille du Prophète ﷺ, un privilège inestimable témoignant de sa place exceptionnelle.
Fraternité
Le Prophète Muhammad ﷺ instaura un lien de fraternisation entre les Ansâr et les Muhâjirûn. Dans cette démarche, Salmân fut associé après sa libération à Abû al-Dardâ’, avec qui il développa une relation basée sur l’entraide, la générosité et la sagesse.
Citons un exemple pour illustrer cette fraternisation. Un jour, en rendant visite à son frère, Salmân remarqua que celui-ci négligeait son épouse, jeûnait chaque jour et passait toutes ses nuits en prière. Il lui rappela alors que l’islam ne prône pas une vie monastique, mais encourage une participation active à la société, où chacun – famille, proches, soi-même – a des droits à respecter. Il lui enseigna également comment établir un équilibre entre la dévotion et les obligations familiales, soulignant ainsi l’importance de la modération en islam. Ce conseil, approuvé par le Messager d’Allah ﷺ, illustre la sagesse de Salmân, sa compréhension profonde des enseignements prophétiques et son rôle de guide spirituel au sein de la communauté.
Enseignement et transmission de la foi
‘Alî b. Abû Tâlib compara Salmân à Luqmân le Sage et à une mer inépuisable. De son côté, Mu‘âdh b. Jabal recommanda à un homme d’aller à la quête de la science auprès de quatre hommes, parmi lesquels figurait Salmân. Il faisait en effet partie des rares érudits dotés d’un bagage spirituel et religieux aussi riche, ayant étudié à la fois auprès des derniers monothéistes fidèles à la voie de Jésus, puis auprès du Prophète ﷺ lui-même.
À l’image du Prophète ﷺ, Salmân possédait un talent naturel pour transmettre le savoir. Il savait s’adapter à son interlocuteur avec douceur et cherchait avant tout à éveiller la réflexion, plutôt qu’à se limiter à livrer des informations.
Ainsi, lorsqu’il s’adressa à Jarîr, il employa un questionnement subtil : « Ô Jarîr, lui dit-il, sois humble devant Allah, car celui qui s’humilie dans ce bas monde sera exalté le Jour du Jugement. Sais-tu de quoi seront formées les ténèbres du Jour dernier ? »
Intrigué, Jarîr répondit par la négative. Salmân poursuivit : « Des injustices commises par les hommes les uns envers les autres. »
Puis, prenant une brindille si fine qu’elle paraissait invisible, il ajouta : « Ô Jarîr, si tu demandais une telle brindille au Paradis, tu ne la trouverais pas ! »
Jarîr demanda alors : « Où seront les palmiers et les arbres ? »
Et Salmân répondit : « Leurs racines seront faites de perles et d’or, et leurs sommets de fruits. »
Cette pédagogie provenait de l’héritage du Prophète ﷺ comme le met en lumière une anecdote rapportée par Ibn Kathîr. Alors que Salmân était avec Abû ‘Uthmân sous un arbre, il prit une branche sèche et la secoua jusqu’à ce que ses feuilles tombassent. Il demanda ensuite à son voisin :
« Ô Abû ‘Uthmân, ne veux-tu pas me demander pourquoi je fais cela ? »
Lorsqu’il l’interrogea, il lui répondit qu’il avait vécu la même scène avec le Prophète ﷺ qui lui avait expliqué :
« Lorsque le musulman fait ses ablutions correctement, puis prie les cinq prières, ses péchés tombent comme tombent les feuilles de cet arbre. »
Après cette explication, le Prophète ﷺ récita le verset :
« Accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines parties de la nuit. Certes, les bonnes actions chassent les mauvaises. C’est là un rappel qui s’adresse à ceux qui savent réfléchir. » (11 : 114)
Avec la même pédagogie, Salmân demanda à son disciple de boire de l’eau du fleuve à deux reprises puis lui dit :
« Combien penses-tu avoir diminué de son eau ? »
« Et qu’est-ce qui peut la faire diminuer ? » répondit l’homme.
« Il en est ainsi de la science, lui dit Salmân, autant que tu en prennes, elle n’en diminue jamais. Poursuis donc l’acquisition de la science dans ce qui peut t’être utile. »
Qualités de Salmân
Modestie et ascétisme
L’une des caractéristiques marquantes de Salmân fut son ascétisme exemplaire. Il adopta une vie de simplicité et de dévotion, incarnant le concept islamique de zuhd. Cela transparaît notamment à travers sa demeure rudimentaire, véritable modèle de sobriété, rappelant les enseignements du Prophète ﷺ sur le détachement des biens matériels. Mâlik b. Anas relate à ce sujet que Salmân ne possédait pas de maison. Il cherchait refuge dans les zones d’ombre qu’il suivait au gré de leur déplacement, passant ainsi d’un endroit à l’autre. Un homme lui proposa de lui construire une maison pour le protéger du soleil et du froid. Salmân accepta, mais lorsque l’homme se retourna, Salmân lui cria :
« Comment vas-tu la construire ? »
« Je vais la construire de manière que tu touches le plafond quand tu te lèves et tes pieds touchent le mur quand tu te couches », répondit l’homme.
Salmân lui dit alors : « Dans ce cas-là, d’accord ! »
Plus tard, il garda ce mode de vie austère même lorsque les compagnons eurent accès à de multiples richesses et privilèges. Lorsqu’il épousa une femme de la tribu arabe de Kinda et vit beaucoup de meubles dans la demeure, il lui dit :
« Mon proche ami – le Prophète ﷺ – me recommanda de ne posséder dans ce bas monde que le nécessaire du voyageur. »
Justice et intégrité
Salmân se distinguait par son intégrité et son sens de la justice. En effet, il n’hésitait pas à remettre en question les actions de ses supérieurs lorsqu’elles semblaient contraires aux principes islamiques, comme l’illustre une anecdote rapportée par Ibn al-Jawzî.
En effet, Salmân interrogea le calife ‘Umar sur la distribution inégale de tuniques. Al-‘Utbî raconte : « ‘Umar reçut un jour des tuniques. Il les partagea entre les musulmans, et chacun d’eux en reçut une. Ensuite, il monta sur la chaire de la mosquée, vêtu de deux tuniques, et dit aux fidèles : “Ô gens, écoutez ce que je vous dis !” “Nous ne t’écouterons pas !”, lui répondit Salmân. “Et pourquoi, ô Abû ‘Abdallah ?”, lui dit ‘Umar. “Parce que, ajouta Salmân, tu nous as donné une tunique à chacun et tu en as pris deux !” “Ne t’empresse pas de me juger, ô Abû ‘Abdallah !”, s’exclama ‘Umar qui cria ensuite : “Où es-tu, ô ‘Abdallah ?” Personne ne lui répondit. “Où es-tu, ô ‘Abdallah b. ‘Umar ?”, ajouta-t-il. “Je suis là, ô chef des croyants !”, cria ce dernier. “Je t’adjure par Allah, lui dit alors ‘Umar, de me dire si la deuxième tunique que je porte t’appartient !” “Oui !”, répondit ‘Abdallah. Salmân dit alors : “Maintenant, nous pouvons l’écouter.” »
Gouverneur sous le califat de ‘Umar
Sous le califat de ‘Umar b. al-Khattâb, Salmân fut nommé gouverneur d’une région de la Perse, al-Madâ’in (l’ancienne Ctésiphon, capitale de l’Empire perse). Il administra cette grande cité avec austérité et scrupule. Fidèle à son ascétisme et son humilité, il refusa les privilèges du pouvoir. Il utilisait son salaire, s’élevant à cinq mille dirhams, pour des œuvres de charité et vivait de son propre travail de tissage de corbeilles.
Alors qu’il gouvernait près de 30 000 personnes – une population importante à cette époque – il prononçait des sermons en portant un vêtement dont la moitié lui servait de couchette et l’autre moitié de couverture. Il n’hésitait pas à aider son serviteur à pétrir le pain, ou un inconnu à charger sa cargaison. Il était si modeste qu’on ne pouvait pas se douter qu’il était le gouverneur de la ville.
Mort et héritage
Salmân al-Fârisî s’éteignit en l’an 36 de l’hégire, à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui l’image d’un homme marqué par la simplicité et empreint d’un ascétisme sincère. Durant ses derniers jours, Sa‘d b. Abû Waqqâs vint lui rendre visite et le trouva en pleurs. Intrigué, il l’interrogea sur la cause de sa tristesse. Salmân répondit que ses larmes n’étaient ni l’expression d’un attachement aux biens matériels, ni la crainte de l’au-delà, mais le fruit d’un profond sentiment de culpabilité : il estimait avoir accumulé plus de biens que ce que le Prophète ﷺ avait recommandé.
Il se rappelait en effet cette parole du Prophète ﷺ : « Que la richesse de l’un de vous soit équivalente à la provision d’un voyageur. » Or, malgré la modestie de ses possessions, il craignait d’avoir franchi cette limite. À sa mort, on ne trouva chez lui qu’une selle, un matelas et quelques meubles valant à peine vingt dirhams.
Jusqu’à ses derniers instants, Salmân conserva une humilité et une lucidité exemplaires. Il rappelait à ses disciples que le Prophète ﷺ ne s’était jamais rassasié trois jours de suite jusqu’à son décès, et il s’efforça de vivre selon cet idéal jusqu’au bout.
Conclusion
Surnommé Salmân b. al-Islâm (fils de l’islam), ce compagnon fut le premier Perse à embrasser l’islam. Malgré son statut initial d’esclave, il obtint une estime exceptionnelle auprès du Prophète ﷺ et des compagnons. Le projet collaboratif qui mena à sa libération fut le témoignage de l’amour et de la fraternité qui unissaient les cœurs de la première communauté musulmane.
Surnommé Salmân al-Khayr (Salmân le Bien), il fut à l’origine d’un grand bien pour la communauté musulmane en suggérant la stratégie du fossé, à un moment particulièrement critique.
Chercheur infatigable de la vérité, Salmân al-Fârisî acheva sa quête auprès du meilleur des hommes, le Prophète Muhammad ﷺ. Ses sacrifices et sa sincérité le rapprochèrent du Prophète ﷺ, qui reconnut son mérite et son dévouement en l’associant à sa propre famille.
S’imprégnant profondément du caractère du Prophète ﷺ, Salmân atteignit un haut degré de savoir et de spiritualité, qu’il transmit avec éloquence et sagesse. Son enseignement, souvent empreint d’une pédagogie éclairée, reflète son intellect brillant et son dévouement à la cause de l’islam. Son héritage, fondé sur l’ascétisme et la modestie, continue d’inspirer des générations de musulmans dans leur quête de vérité et de piété. Il nous rappelle que la véritable richesse ne réside pas dans les biens matériels, mais dans la richesse de l’âme et la proximité d’Allah.
En guise de réflexion finale, méditons sur cette maxime de Salmân al-Fârisî :
« L’exemple du cœur et du corps est comme celui de l’aveugle et de l’infirme. Le second dit au premier : “Je vois un fruit, mais je ne peux le cueillir ; porte-moi pour que je puisse l’atteindre !” L’aveugle le porte sur ses épaules, lui permettant de cueillir le fruit et de le partager avec lui. »



