De nos jours, l'observation de la situation des femmes force à un triste constat, celui d'une régression des droits que Dieu leur a donnés. Le problème est palpable dans presque toutes les sociétés du monde.
Une révolution pour la place des femmes
Pourtant, l'islam a, lors de son apparition, été une véritable révolution en ce qui concerne la place sociale des femmes. En effet, dans l'Arabie du VIIème siècle, et dans le reste du monde d'ailleurs, les femmes n'avaient presque aucun droit. Dans la société tribale arabe de cette époque, les femmes appartenaient aux hommes qui avaient le droit à un nombre illimité d'épouses. Certains enterraient même vivantes leurs filles à la naissance pour fuir la disgrâce d'avoir enfanté une fille.
Mais ce n'est pas avec un tel regard que l'islam a envisagé la place des femmes dans la société, qui est notamment détaillée par Dieu dans la sourate « Les femmes ». De la même manière que l'on parle des hommes et non pas de l'homme comme une entité unique et homogène, Dieu choisit de faire état de la pluralité et de la diversité des femmes en employant le pluriel.
Le Coran s'adresse aux femmes nommément
Saviez-vous que le Coran est le seul livre saint des grandes religions de ce monde qui s'adresse aux femmes nommément ? Comme dans la sourate 33, « Les coalisés », où Dieu s'adresse en ces termes aux croyants et aux croyantes : « Donneurs et donneuses d'aumône, jeûneurs et jeûneuses, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs assidus de Dieu et invocatrices : Dieu a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. » (33 : 35)
L'amalgame entre traditions et religion
Mais la réalité que nous connaissons est toute autre : une condition des femmes déplorable, dans un contexte parfois patriarcal où elles sont instrumentalisées à des fins politiques.
Citons l'exemple ahurissant de cette tradition encore répandue dans le monde arabo-musulman qui veut que la femme prouve sa virginité lors de sa première nuit de noces. Tradition socialement légitimée par la religion, elle n'a aucun rapport avec l'islam. Elle illustre justement l'inégalité flagrante entre les hommes et les femmes. Car si l'islam ordonne à l'homme et à la femme de préserver leur chasteté, en aucun cas il ne demande à la femme de prouver sa virginité. Cet amalgame des traditions à la religion reflète ce que la religion est parfois devenue : un outil de légitimation des traditions, dans des sociétés où l'apparat et l'apparence sont ce qui compte avant tout. Ainsi, la foi et la spiritualité sont assimilées à tort aux pratiques non pas religieuses, mais déclarées comme telles.
« Les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes »
L'islam n'est pas l'ennemi des femmes au profit des hommes ! Bien au contraire, l'islam a été, dès ses débuts, l'allié des femmes dans une société tribale et patriarcale.
Le Prophète ﷺ vint donc bouleverser cet ordre social établi, où régnait la loi du plus fort. Muhammad ﷺ, consacra sa vie, et encore plus après la révélation, à la création d'une nouvelle société, de droit cette fois-ci, où la femme comme l'esclave et l'enfant retrouvaient leur dignité.
Beaucoup plus que nous ne le sommes, les compagnons du Prophète ﷺ étaient très conscients de cela. Ainsi, ‘Umar b. al-Khattāb a dit « Dans la société préislamique, nous ne donnions aucune valeur à la femme, lorsque l'islam est venu et que Dieu a parlé d'elles, nous avons compris qu'elles ont des droits sur nous. »
Le Prophète ﷺ avait même déclaré que « Le croyant dont la foi est la plus complète est celui qui a le meilleur comportement, et les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes. »
Notre Prophète Muhammad ﷺ, était un homme honorable aux convictions nobles et indéfectibles, et cela même avant la révélation. Il n'était pas Socrate qui emprisonnait les femmes dans le rôle de domestique, ni Schopenhauer qui considérait les femmes comme le sujet d'une haine féroce, ni Nietzsche qui voyait en elles un agent de la chute masculine, ni même Voltaire qui les comparait à la girouette qui ne se fixe que lorsqu'elle se rouille. Il était le Messager de Dieu, cet homme qui dans sa jeunesse avait accepté de travailler pour une femme, Khadîja qui était « la meilleure des femmes de [notre] communauté ».
Le Prophète ﷺ a laissé derrière lui une société profondément marquée par ses enseignements. À tel point qu'après sa mort, sous le troisième calife ‘Uthmân, ‘Ammâr b. Yâsir avait répondu avec fierté à un homme en colère qui l'avait interpellé « Ibn Sumayya ! », c'est-à-dire « Fils de Sumayya ! », « Oui, je suis Ibn Sumayya ». Car ‘Ammâr était fier d'être le fils de sa mère, Sumayya, première martyre de l'islam.