La généalogie du Prophète ﷺ : de ‘Adnân à ‘Abdallah

La personne & le nom de Muhammad ﷺ

La généalogie du Prophète ﷺ : de ‘Adnân à ‘Abdallah

Par Oussamah J.11 min de lecture

De ‘Adnân à ‘Abdallah, la lignée du Prophète ﷺ et les clans de Quraysh : Quṣayy, Hâshim, ‘Abd al-Muṭṭalib, et sa parenté avec compagnons et adversaires.

Quand la lettre du Prophète ﷺ parvient à Héraclius, l'empereur byzantin fait venir des Qurayshites qui se trouvent alors en Syrie. Parmi eux, Abû Sufyân, à l'époque l'un des principaux adversaires de l'islam. La première question de l'empereur porte sur la lignée : « Quelle est sa lignée parmi vous ? » Abû Sufyân répond : « Il est chez nous de haute lignée. » Héraclius conclut : « Ainsi sont envoyés les messagers, dans la lignée de leur peuple. »

La généalogie du Prophète ﷺ remonte, sans que personne la conteste, jusqu'à ‘Adnân. On la suit ici de génération en génération jusqu'à ‘Abdallah, le père du Prophète ﷺ, et l'histoire des clans de Quraysh qui s'y rattache dit beaucoup de la sîra, de ceux qui furent à ses côtés comme de ceux qui le combattirent. Les noms cités se retrouvent tous sur l'arbre généalogique de Quraysh.

« Muḥammad, fils de ‘Abdallah… fils de ‘Adnân » : la chaîne que personne ne conteste

Le Prophète ﷺ est Muḥammad, fils de ‘Abdallah, fils de ‘Abd al-Muṭṭalib (de son nom Shayba), fils de Hâshim (de son nom ‘Amr), fils de ‘Abd Manâf, fils de Quṣayy, fils de Kilâb, fils de Murra, fils de Ka‘b, fils de Lu’ayy, fils de Ghâlib, fils de Fihr, fils de Mâlik, fils d'al-Naḍr, fils de Kinâna, fils de Khuzayma, fils de Mudrika, fils d'Ilyâs, fils de Muḍar, fils de Nizâr, fils de Ma‘add, fils de ‘Adnân.

Les savants sont unanimes sur ces vingt et un noms ; al-Bukhârî les place en tête du chapitre de son Ṣaḥîḥ consacré à la mission du Prophète ﷺ.

Pourquoi les généalogistes s'arrêtent à ‘Adnân

Al-Mubârakfûrî distingue trois parties dans la généalogie du Prophète ﷺ. Jusqu'à ‘Adnân, biographes et généalogistes sont unanimes. De ‘Adnân à Abraham, ils divergent. D'Abraham à Adam, la liste comporte sans doute des erreurs.

La discussion ne porte pas sur l'origine de ‘Adnân, mais sur le nombre et les noms des intermédiaires. Les généalogistes le rattachent à Qaydar, l'un des fils d'Ismâ‘îl, et le Prophète ﷺ rappelait lui-même cette filiation. Passant près d'hommes de la tribu d'Aslam qui s'exerçaient au tir, il leur lança : « Tirez, fils d'Ismâ‘îl, car votre ancêtre était un archer ! »

Kinâna, Quraysh, Hâshim : ce que le Prophète ﷺ disait de sa lignée

Le Prophète ﷺ a parlé lui-même de sa lignée. Wâthila b. al-Asqa‘ l'a entendu dire : « Allah a élu Kinâna parmi les enfants d'Ismâ‘îl, Il a élu Quraysh parmi Kinâna, Il a élu parmi Quraysh les Banû Hâshim, et Il m'a élu parmi les Banû Hâshim. » Abû Hurayra rapporte de lui cette autre parole : « J'ai été envoyé de la meilleure des générations des fils d'Adam, génération après génération, jusqu'à la génération dont je suis issu. »

Cette élection ne valait pas sauf-conduit pour les siens. Quand fut révélé le verset « Avertis les gens qui te sont les plus proches » (26:214), le Prophète ﷺ rassembla Quraysh et appela sa propre lignée, branche après branche, de la plus large à la plus proche : « Ô Banû Ka‘b b. Lu’ayy, sauvez-vous du Feu ! Ô Banû Murra b. Ka‘b… Ô Banû ‘Abd Shams… Ô Banû ‘Abd Manâf… Ô Banû Hâshim… Ô Banû ‘Abd al-Muṭṭalib, sauvez-vous du Feu ! Ô Fâṭima, sauve-toi du Feu ! Car je ne possède rien pour vous auprès d'Allah, si ce n'est que vous avez avec moi une parenté que j'entretiendrai. »

Le hadith dit à la fois que le nasab ne sauve personne et que la parenté oblige. Le Coran le dit sans détour : « En vérité, le plus méritant d'entre vous auprès de Dieu est le plus pieux » (49:13). Et le Prophète ﷺ : « Celui que ses œuvres ralentissent, son nasab ne le fera pas avancer. »

Sa propre famille en donne l'exemple. Son oncle Abû Lahab, fils de ‘Abd al-Muṭṭalib, répondit à son appel public par l'insulte, et une sourate fut révélée à son sujet : « Périssent les mains d'Abû Lahab, et qu'il périsse lui-même ! » (111:1).

Qui sont les « Quraysh » ? Fihr ou al-Naḍr

Le nom de Quraysh désigne-t-il les descendants d'al-Naḍr b. Kinâna, ou ceux de son petit-fils Fihr b. Mâlik ? Les sources divergent. Ibn Hishâm écrit : « al-Naḍr, c'est Quraysh : quiconque descend de lui est qurayshite », avant de signaler qu'on dit aussi que c'est Fihr. Ibn Ḥazm retient Fihr, dont les descendants « sont Quraysh, et il n'y a pas d'autres Quraysh ». Al-Mubârakfûrî fait de même.

L'arbre de Quraysh commence à Fihr b. Mâlik, suivant ce second avis.

Quṣayy, le rassembleur de La Mecque

Quṣayy est le cinquième ascendant du Prophète ﷺ. Selon Lings, il vécut vers l'an 400 de l'ère chrétienne. La Mecque était alors aux mains des Khuzâ‘a. Quṣayy épousa la fille de leur chef, Ḥulayl, et à la mort de celui-ci s'imposa comme chef de la cité et gardien de la Ka‘ba. Ses proches parents de Quraysh, il les installa dans la vallée, autour du sanctuaire.

Sous lui, La Mecque prit une allure de ville : des maisons là où l'on vivait sous la tente et, face à la Ka‘ba, la Dâr al-Nadwa, « la maison des délibérations publiques, une sorte de sénat ou de conseil des clans ». Il imposa aux habitants une contribution annuelle, la rifâda, destinée à nourrir les pèlerins les plus pauvres.

Il tenait en ses mains toutes les charges du sanctuaire : la ḥijâba (les clés de la Ka‘ba), la siqâya (abreuver les pèlerins), la rifâda (les nourrir), le liwâ’ (l'étendard de guerre) et la nadwa (le conseil).

Un héritage disputé : les Muṭayyabîn contre les Aḥlâf

Quṣayy préférait son fils aîné, ‘Abd al-Dâr, bien que son autre fils, ‘Abd Manâf, fût plus honoré. Avant de mourir, il lui transmit toutes ses charges : « Nul n'entrera dans la Ka‘ba si tu ne lui y donnes accès ; nulle autre main que la tienne ne pourra nouer pour les Quraysh leur étendard de guerre. »

‘Abd Manâf s'inclina. À la génération suivante, pourtant, la moitié de Quraysh se rassembla autour de son fils Hâshim pour réclamer les charges. Les femmes du clan apportèrent près de la Ka‘ba une coupe de parfum précieux ; Hâshim, ses frères et leurs alliés y plongèrent les mains et jurèrent de ne jamais s'abandonner. On les appela les Muṭayyabîn, les « Gens du parfum ». En face, les alliés de ‘Abd al-Dâr, liés eux aussi par serment, furent les Aḥlâf, les « Confédérés ».

Du côté des Muṭayyabîn se rangèrent les descendants de Quṣayy autres que ceux de ‘Abd al-Dâr, c'est-à-dire les fils de ‘Abd Manâf et le clan d'Asad, ainsi que Zuhra et Taym. ‘Abd al-Dâr eut pour lui Makhzûm, Sahm et ‘Adî. L'arbre place aussi al-Ḥârith b. Fihr parmi les Muṭayyabîn et Jumaḥ parmi les Aḥlâf.

On était au bord de l'affrontement quand un compromis fut trouvé. Les fils de ‘Abd Manâf reçurent la siqâya et la rifâda ; ceux de ‘Abd al-Dâr gardèrent les clés de la Ka‘ba, l'étendard et la Dâr al-Nadwa. Les deux marqueurs de pacte de l'arbre de Quraysh dessinent ces deux camps.

Ce serment ne doit pas être confondu avec le ḥilf al-fuḍûl, conclu bien plus tard chez ‘Abdallah b. Jud‘ân pour défendre les opprimés, et auquel le Prophète ﷺ assista dans sa jeunesse.

Hâshim, ‘Abd al-Muṭṭalib, ‘Abdallah : les trois dernières générations

Hâshim et les deux caravanes

Hâshim s'appelait en réalité ‘Amr. Son surnom lui vient du pain qu'il émiettait (hashama) pour les pèlerins.

Les deux voyages naissent dans la maison de ‘Abd Manâf b. Quṣayy. La tradition en attribue l'initiative à son fils Hâshim, qui obtint de l'empereur byzantin un sauf-conduit pour les marchands de Quraysh. Ses frères ‘Abd Shams, al-Muṭṭalib et Nawfal étendirent ensuite ces pactes de sécurité (îlâf) à l'Abyssinie, au Yémen et à l'Irak, si bien que les poètes en firent la gloire de toute la « maison de ‘Abd Manâf ». La caravane d'hiver partait vers le Yémen, celle d'été vers la Syrie ; le Coran les évoque : « Que les Qurayshites, en raison du pacte qui leur permet, comme à l'accoutumée, de conduire leurs caravanes hiver comme été, adorent le Seigneur de ce temple » (106:1-3).

Sur la route de Syrie, à Yathrib, Hâshim épousa Salmâ bint ‘Amr, du clan des Banû ‘Adî b. al-Najjâr. Il mourut plus tard à Gaza, au cours d'un de ses voyages. C'est par ce mariage que le Prophète ﷺ se trouvait apparenté aux Banû al-Najjâr de Médine.

‘Abd al-Muṭṭalib et Zamzam

Le fils de Hâshim et de Salmâ reçut le nom de Shayba, à cause d'une mèche de cheveux blancs. Il grandit à Yathrib auprès de sa mère, jusqu'à ce que son oncle al-Muṭṭalib vienne le ramener à La Mecque. En le voyant en croupe derrière lui, les Mecquois crurent à un esclave : « Voici ‘Abd al-Muṭṭalib ! », « l'esclave d'al-Muṭṭalib ». Le surnom lui resta. Il succéda à son oncle dans la charge de nourrir et d'abreuver les pèlerins.

Selon Ibn Isḥâq, que suivent Lings et al-Mubârakfûrî, un songe lui indiqua l'emplacement de Zamzam, comblé des siècles plus tôt par les Jurhum. Il creusa avec son fils al-Ḥârith et retrouva le puits, dont la charge revint aux Banû Hâshim. Les mêmes sources rapportent le vœu qu'il fit alors de sacrifier l'un de ses fils s'il en avait dix, et le rachat de ‘Abdallah, désigné par le sort, contre cent chameaux.

Quand Abraha marcha sur La Mecque, c'est chez ‘Abd al-Muṭṭalib que son émissaire fut conduit, car tous le tenaient pour le chef de fait de la cité. Venu réclamer ses chameaux saisis, il dit à Abraha : « Moi, je suis le maître des chameaux ; quant au temple, il a également un maître qui le défendra. » C'est lui encore qui choisit pour son petit-fils le prénom Muḥammad, alors inhabituel chez les Arabes.

‘Abdallah et Âmina bint Wahb

‘Abd al-Muṭṭalib maria son fils ‘Abdallah à Âmina, fille de Wahb b. ‘Abd Manâf b. Zuhra b. Kilâb, chef des Banû Zuhra. Les lignées paternelle et maternelle du Prophète ﷺ se rejoignent ainsi à Kilâb. Sa grand-mère paternelle, Fâṭima bint ‘Amr, était des Banû Makhzûm.

‘Abdallah mourut à Yathrib peu après son mariage, au retour d'un voyage. Selon la plupart des historiens, son fils n'était pas encore né. Âmina mourut à son tour à al-Abwâ’, en revenant d'une visite à Yathrib. Le Prophète ﷺ avait six ans.

Ce que l'arbre rend visible : un Prophète ﷺ apparenté à tout Quraysh

Ibn ‘Abbâs, commentant le verset « Je ne vous réclame pour cela aucun salaire, si ce n'est seulement l'affection due à vos proches » (42:23), disait : « Il n'y avait pas un clan de Quraysh avec lequel le Prophète ﷺ n'eût une parenté. »

Pour chaque personnage, cherchez l'ancêtre qu'il partage avec le Prophète ﷺ ; compagnons et adversaires se retrouvent souvent sur les mêmes rameaux.

Ancêtre commun Compagnons et proches Adversaires
‘Abd al-Muṭṭalib ‘Alî et Ja‘far b. Abî Ṭâlib, Ḥamza, al-‘Abbâs Abû Lahab
‘Abd Manâf ‘Uthmân b. ‘Affân, ‘Ubayda b. al-Ḥârith Abû Sufyân b. Ḥarb (avant sa conversion), ‘Utba et Shayba b. Rabî‘a, ‘Uqba b. Abî Mu‘ayṭ
Quṣayy Khadîja, al-Zubayr b. al-‘Awwâm, Muṣ‘ab b. ‘Umayr les fils d'Abû Ṭalḥa, des Banû ‘Abd al-Dâr, tués à Uḥud
Kilâb Âmina, Sa‘d b. Abî Waqqâṣ, ‘Abd al-Raḥmân b. ‘Awf ‘Utba b. Abî Waqqâṣ
Murra Abû Bakr, Ṭalḥa, Umm Salama, Khâlid b. al-Walîd Abû Jahl, al-Walîd b. al-Mughîra
Ka‘b ‘Umar b. al-Khaṭṭâb Umayya b. Khalaf
Fihr Abû ‘Ubayda b. al-Jarrâḥ

Le Prophète ﷺ a revendiqué ce nasab au moment le plus dur, à Ḥunayn, quand son armée refluait sous les flèches : « Je suis le Prophète, ce n'est pas un mensonge ; je suis le fils de ‘Abd al-Muṭṭalib. »

Connaître sa généalogie pour entretenir ses liens

Le Prophète ﷺ a donné lui-même le sens de cette science : « Apprenez de vos généalogies ce qui vous permet d'entretenir vos liens de parenté. » La généalogie n'est donc pas un motif d'orgueil : elle sert à connaître les liens de parenté pour les entretenir, ce que la tradition appelle la ṣilat al-raḥim.

Chacun des personnages cités, et son clan, se retrouve sur l'arbre généalogique de Quraysh.

Sources

  1. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 7 (Héraclius et Abû Sufyân).
  2. Shakeel Siddiq, « Période mecquoise » (partie 1), polycopié, Institut Mi'raj, §5.
  3. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, Kitâb Manâqib al-Anṣâr, bâb mab‘ath al-nabî.
  4. Ṣafî al-Raḥmân al-Mubârakfûrî, Le Nectar cacheté (al-Raḥîq al-makhtûm), p. 74-82.
  5. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 2899 (« Tirez, fils d'Ismâ‘îl »).
  6. Muslim, Ṣaḥîḥ, n° 2276 (Wâthila b. al-Asqa‘).
  7. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 3557.
  8. Muslim, Ṣaḥîḥ, n° 204 (l'appel aux clans, rapporté par Abû Hurayra). Version voisine : al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 4771.
  9. Al-Ḥujurât (49), verset 13 ; al-Shu‘arâ’ (26), verset 214. Traduction de Chiadmi.
  10. Muslim, Ṣaḥîḥ, n° 2699.
  11. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 4770 (Abû Lahab lors de l'appel public, rapporté par Ibn ‘Abbâs) ; al-Masad (111), verset 1.
  12. Ibn Kathîr, al-Bidâya wa al-nihâya, éd. Shîrî, t. 2, p. 252, citant Ibn Hishâm ; Ibn Ḥazm, Jamharat ansâb al-‘Arab, « Wuld Fihr b. Mâlik ».
  13. Martin Lings, Le Prophète Muhammad. Sa vie d'après les sources les plus anciennes, Paris, Seuil, p. 19-27, 36-37, 39-40, 42-43, 52, 61 et 76.
  14. Miséricorde n° 1, Institut SIRA, avril 2017, p. 8 et 11-12.
  15. Quraysh (106), versets 1 à 3. Traduction de Chiadmi.
  16. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 4818 (aussi n° 3497) ; al-Shûrâ (42), verset 23.
  17. Données de l'arbre généalogique de Quraysh publié par l'Institut SIRA.
  18. Al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, n° 2864 ; Muslim, Ṣaḥîḥ, n° 1776.
  19. Al-Tirmidhî, Sunan, n° 1979, jugé authentique par al-Albânî.
  20. Ibn Hishâm, al-Sîra al-nabawiyya, éd. Muṣṭafâ al-Saqqâ et al., Le Caire, al-Bâbî al-Ḥalabî, 1955, t. I, p. 136 (Hâshim et les deux voyages).
  21. Ibn Sa‘d, al-Ṭabaqât al-kubrâ, Beyrouth, Dâr Ṣâdir, t. I, p. 75 et 78 (Hâshim et le pacte obtenu de l'empereur byzantin).
  22. Al-Ṭabarî, Târîkh al-rusul wa al-mulûk, éd. Muḥammad Abû al-Faḍl Ibrâhîm, Le Caire, Dâr al-Ma‘ârif, 1967, t. II, p. 252 (les pactes des quatre fils de ‘Abd Manâf).
  23. Muḥammad b. Ḥabîb, al-Munammaq fî akhbâr Quraysh, éd. Khurshîd Aḥmad Fâriq, Beyrouth, ‘Âlam al-Kutub, 1985, p. 41-47 (récit de l'îlâf).
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