De son vrai nom Layla, al-Shifâ’ est une compagnonne du Prophète ﷺ célèbre pour ses connaissances en médecine et en lettres. Fille de ‘Abdallah ibn ‘Abd Shams et de Fâtima bint Wahb, al-Shifâ’ est issue de la tribu des Banû ‘Adî, un clan qurayshite à La Mecque dont fait notamment partie ‘Umar ibn al-Khattâb. Convertie lors de la phase de prédication secrète, elle est parmi les premières à rejoindre le Prophète ﷺ lors de son émigration à Médine. Là, elle obtient une maison entre la mosquée et le marché, dans le cœur politique et social de la ville.
Une femme de lettres et de médecine
Layla fait partie de la vingtaine de Médinois lettrés. Elle maîtrise par ailleurs l'art de la calligraphie et celui de la médecine, d'où son surnom « al-Shifâ’ » – la guérison – en référence à ses talents de guérisseuse. Ces savoirs sont rares à l'époque du Prophète ﷺ ce qui rend vitale la présence de Layla à Médine. Ayant acquis ce savoir avant l'avènement de l'islam, elle s'inquiète de la licéité de sa pratique après sa conversion, et demande au Prophète ﷺ : « Ô Messager d'Allah, j'avais l'habitude de soigner les gens avec des méthodes de l'époque préislamique, et j'aimerais te les montrer. » Elle lui présente sa méthode de guérison d'une maladie de peau qu'il lui permit d'enseigner à son épouse Hafsa, à laquelle elle avait déjà appris à lire et à écrire.
L'inspectrice du marché de Médine
L'érudition d'al-Shifâ’ est telle que les personnes les plus importantes de Médine viennent régulièrement la consulter. Ainsi, le Prophète ﷺ la visite régulièrement pour s'enquérir de ses connaissances en matière de commerce. ‘Umar exprime la même considération envers elle durant son califat en la nommant inspectrice du marché de Médine. Elle est alors chargée de contrôler les transactions et de veiller à ce qu'elles soient conformes à la loi islamique. En cas d'abus ou de faute, les coupables sont sanctionnés.
Sa mort et sa descendance
Décédée en l'an 20 de l'hégire sous le règne de ‘Uthmân, al-Shifâ’ rapporta de nombreux hadiths dont certains ont été recensés par al-Bukhârî, Abû Dâwûd et an-Nasâ’î. De façon plus importante encore, elle a indirectement contribué à la préservation du Saint Coran puisque c'est elle qui a appris à lire et à écrire à la Mère des croyants Hafsa, gardienne du premier codex du Coran qui servira à la recension effectuée par ‘Uthmân ibn ‘Affân par la suite. La descendance d'al-Shifâ’ suivra son exemple dans le savoir et la piété. Si Masrûq s'est fait connaître des foules en tant qu'émir sous le règne de ‘Umar, Sulaymân est apprécié pour sa récitation du Coran et ses prières de nuit. Il occupait d'ailleurs tellement ses nuits dans la prière que ‘Umar l'a rappelé à plus de modération : Sulaymân avait en effet pris l'habitude de ne plus arriver à se lever pour la prière de fajr. Ce dernier aura deux fils, nommés Abû Bakr et ‘Uthmân, lesquels seront parmi les célèbres narrateurs de hadiths de leur siècle.



